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validation d’idées SaaS pour non-développeurs

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Valider une idée SaaS rentable : méthode de scoring sur 100 points (sans coder)

Score GO / NO-GO + module rentabilité (ARPU, marge, CAC) pour décider avant de payer un MVP.

2026-01-08
12 min de lecture
#SaaS#validation#no-code#MVP#business#rentabilité#pricing#CAC
Valider une idée SaaS rentable : méthode de scoring sur 100 points (sans coder)

Vous avez une idée de SaaS… mais vous ne savez pas si elle peut vraiment rapporter avant d’investir du temps et de l’argent.

Ce guide vous donne une méthode simple :

  • un score sur 100 points (GO / NO-GO),
    • un module rentabilité (prix / marge / CAC) pour vérifier que “ça marge” vraiment,
  • sans coder, sans outils complexes : un tableur suffit.

Si vous voulez confronter l’idée au terrain après ce scoring :
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Et si l’idée est validée :
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Pourquoi valider une idée SaaS avant de développer (surtout si vous ne codez pas)

L’erreur classique :

  • une idée “géniale”
  • vous cherchez un dev / une agence
  • plusieurs milliers d’euros plus tard… vous découvrez que personne ne veut payer.

Valider une idée avant le développement vous permet de :

  • éviter de cramer votre budget sur un SaaS que personne n’utilise
  • prioriser vos idées (surtout si vous en avez 3, 4, 10…)
  • parler la même langue qu’un prestataire (avec des hypothèses claires, pas des émotions)
  • décider : MVP maintenant, ou encore de la validation terrain

L’objectif n’est pas d’avoir une certitude à 100%, mais un système rationnel qui réduit fortement les erreurs.


La méthode : 2 étages (score + rentabilité)

  1. Le score (100 points) : est-ce que l’idée est “prometteuse” ?
  2. Le module rentabilité : est-ce que ça peut “payer” dans la vraie vie ?

Règle simple : un bon score sans rentabilité = piège. Vous devez passer les deux.


Étape 1 — Le scoring sur 100 points (GO / NO-GO)

On note l’idée sur 5 critères :

  1. Marché (20 pts)
  2. Douleur / Problème (25 pts)
  3. Concurrence (15 pts)
  4. Monétisation (20 pts)
  5. Exécution & intégrations (20 pts)

Interpréter votre score

  • 0–49 : NO-GO → trop flou / trop fragile
  • 50–69 : potentiel, mais trop de zones grises → validation terrain obligatoire
  • 70–100 : GO “sur le papier” → passez au module rentabilité

1) Marché : y a-t-il assez de clients potentiels ? (20 pts)

Question clé :

Combien de personnes / entreprises pourraient réellement acheter ce SaaS ?

Barème simple :

  • 0–5 : marché très niche (< 1 000 clients potentiels)
  • 6–10 : petit marché (1 000–5 000)
  • 11–15 : marché correct (5 000–10 000)
  • 16–20 : marché > 10 000 clients potentiels

Test concret (sans outils) :

  • pouvez-vous lister 50 à 100 prospects précis (métiers + exemples) ?
  • pouvez-vous passer de 10 à 100 clients sans changer de cible ?
  • y a-t-il des concurrents ? (souvent bon signe : marché existant)

2) Douleur : le problème est-il vraiment douloureux ? (25 pts)

Question clé :

Que se passe-t-il si votre SaaS n’existe pas ? Rien… ou un vrai manque ?

Barème :

  • 0–5 : confort / gadget / nice-to-have
  • 6–10 : problème présent mais contournable
  • 11–20 : problème important, perte de temps/argent régulière
  • 21–25 : douleur forte confirmée par au moins 5 interviews (ou échanges très qualifiés)

Test simple : demandez à un prospect

“Si ce problème n’est pas réglé dans 3 mois, qu’est-ce que ça vous coûte concrètement ?”

Si la réponse parle de temps, argent, opportunités, conformité, erreurs → c’est bon signe.


3) Concurrence : menaçante ou rassurante ? (15 pts)

Question clé :

Y a-t-il déjà des solutions, et qu’est-ce que ça dit du marché ?

Barème :

  • 0–5 : saturé, outils identiques, aucun angle
  • 6–10 : concurrents sérieux, mais espace si vous vous positionnez
  • 11–15 : peu de concurrents directs / angle très clair

Attention :

  • zéro concurrence = souvent zéro marché
  • concurrence = validation… si vous avez une différenciation (niche, distribution, UX, intégrations)

4) Monétisation : potentiel de revenu récurrent ? (20 pts)

Question clé :

Combien pouvez-vous viser en MRR (revenu mensuel récurrent) ?

Barème :

  • 0–5 : faible valeur perçue, difficile à monétiser
  • 6–10 : abonnement possible mais ticket bas
  • 11–15 : MRR potentiel > 1 000 €/mois
  • 16–20 : potentiel > 5 000 €/mois (ou atteignable grâce à audience/réseau)

Ici, on prépare la suite : vous allez valider “pour de vrai” avec le module rentabilité.


5) Exécution & intégrations : réalisable en MVP sans enfer technique ? (20 pts)

Question clé :

Est-ce faisable en MVP sans architecture énorme, avec des intégrations standards ?

Barème :

  • 0–5 : complexe (IA lourde, infra, dépendances)
  • 6–10 : faisable mais scope à réduire
  • 11–15 : MVP faisable en quelques semaines (no-code/low-code)
  • 16–20 : MVP clair + intégrations standards (Stripe, Notion, Google, CRM…)

Point clé (souvent oublié) : les intégrations.
Un SaaS rentable ne vit pas “seul”. Il se branche au workflow client (Stripe, CRM, Google, Notion…).
Plus vous êtes “plug & play”, plus vous réduisez friction et churn.


Étape 2 — Le module rentabilité (ARPU / marge / CAC)

Ici on répond à la question brutale :

Même si les gens aiment l’idée… est-ce que ça peut payer ?

On regarde 3 chiffres :

  • ARPU : revenu mensuel moyen par client
  • marge : est-ce qu’il reste quelque chose après les coûts ?
  • CAC : combien coûte un client ?

1) Fixer un prix cible (ARPU)

Repère simple en B2B :

  • 50 à 200 €/mois = zone souvent saine au départ

En dessous de 50€/mois, il faut beaucoup de clients (support, churn…).
Au-dessus de 200€/mois, vous vendez plus en “humain” (démos, calls), mais c’est souvent plus solide.

Mini-test :
Si votre SaaS fait gagner du temps facturable, un client, des erreurs évitées, vous pouvez viser 79–149€/mois sans rougir.


2) Estimer les coûts (one-shot + mensuels)

Deux blocs :

Coût de lancement (one-shot)

  • MVP sérieux (design + logique + intégrations + paiements) : souvent 5k à 20k€ selon complexité.

Coûts mensuels

  • outils (hébergement, email, support, analytics…) : souvent 100 à 500€/mois
  • votre temps (support, amélioration, marketing)
  • éventuellement prestas

Notez un chiffre simple : coûts mensuels totaux.


3) Estimer un CAC (sans Excel de consultant)

Choisissez une estimation réaliste :

  1. Audience existante → CAC proche de 0 (vous payez en contenu)
  2. Outreach / LinkedIn / réseau → CAC souvent 50–300€ (temps + calls)
  3. Ads from scratch → CAC souvent 100–300€ en B2B au départ

4) Les 3 repères GO / NO-GO

Ce sont des garde-fous (pas des lois physiques), mais très utiles :

  • Panier mensuel > CAC × 3 (sinon vous ne scalez jamais)
  • Marge brute > 70% (idéal 80–90%)
  • Seuil de rentabilité < 10 clients (cashflow mensuel)

Si vous êtes loin :

  • augmentez le prix
  • changez d’avatar (plus solvable)
  • changez de canal (CAC)
  • réduisez le scope (coûts)

5) Mini-calcul express : votre seuil de rentabilité

Formule :

Nombre de clients pour être cashflow positif = coûts mensuels / ARPU

Exemple :

  • coûts mensuels 400€ / ARPU 99€ → ~5 clients

Faites aussi le test 10 / 50 / 100 clients :

  • à 10 clients : est-ce que ça couvre largement ?
  • à 50 : support/churn gérables ?
  • à 100 : est-ce que ça devient un “vrai business” ?

3 exemples concrets (pour ne pas rester théorique)

Exemple 1 : créateur de contenu – SaaS pour monétiser son audience

Score élevé + CAC faible (audience) → très bon combo.
Souvent : GO, à condition d’un MVP simple.

Exemple 2 : freelance – productiser son coaching en SaaS

Souvent : marché ok, mais douleur floue → interviews indispensables.
Souvent : 50–69, puis tests terrain.

Exemple 3 : entrepreneur – MVP B2B niche

Souvent : GO si pain confirmé + pricing réaliste + CAC maîtrisable.


Pièges fréquents (à éviter absolument)

  • Confondre likes / compliments avec intention d’achat
  • Surestimer la taille du marché (“tout le monde”)
  • Sous-estimer le CAC
  • Fixer un prix trop bas “pour démarrer”
  • Oublier les intégrations (si ça ne s’insère pas dans le workflow, ça churn)

Conclusion : l’essentiel en 3 lignes

  • Score + rentabilité = décision GO/NO-GO propre
  • Une idée rentable vise un avatar solvable + un prix réaliste + un CAC maîtrisé
  • Si c’est vert : passez au terrain, puis au MVP.

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Si tu veux la vue d’ensemble (et les autres articles du parcours), reviens sur le hub :

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