Vous avez une idée de SaaS… mais vous ne savez pas si elle peut vraiment rapporter avant d’investir du temps et de l’argent.
Ce guide vous donne une méthode simple :
- un score sur 100 points (GO / NO-GO),
-
- un module rentabilité (prix / marge / CAC) pour vérifier que “ça marge” vraiment,
- sans coder, sans outils complexes : un tableur suffit.
Si vous voulez confronter l’idée au terrain après ce scoring :
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Pourquoi valider une idée SaaS avant de développer (surtout si vous ne codez pas)
L’erreur classique :
- une idée “géniale”
- vous cherchez un dev / une agence
- plusieurs milliers d’euros plus tard… vous découvrez que personne ne veut payer.
Valider une idée avant le développement vous permet de :
- éviter de cramer votre budget sur un SaaS que personne n’utilise
- prioriser vos idées (surtout si vous en avez 3, 4, 10…)
- parler la même langue qu’un prestataire (avec des hypothèses claires, pas des émotions)
- décider : MVP maintenant, ou encore de la validation terrain
L’objectif n’est pas d’avoir une certitude à 100%, mais un système rationnel qui réduit fortement les erreurs.
La méthode : 2 étages (score + rentabilité)
- Le score (100 points) : est-ce que l’idée est “prometteuse” ?
- Le module rentabilité : est-ce que ça peut “payer” dans la vraie vie ?
Règle simple : un bon score sans rentabilité = piège.
Vous devez passer les deux.
Étape 1 — Le scoring sur 100 points (GO / NO-GO)
On note l’idée sur 5 critères :
- Marché (20 pts)
- Douleur / Problème (25 pts)
- Concurrence (15 pts)
- Monétisation (20 pts)
- Exécution & intégrations (20 pts)
Interpréter votre score
- 0–49 : NO-GO → trop flou / trop fragile
- 50–69 : potentiel, mais trop de zones grises → validation terrain obligatoire
- 70–100 : GO “sur le papier” → passez au module rentabilité
1) Marché : y a-t-il assez de clients potentiels ? (20 pts)
Question clé :
Combien de personnes / entreprises pourraient réellement acheter ce SaaS ?
Barème simple :
- 0–5 : marché très niche (< 1 000 clients potentiels)
- 6–10 : petit marché (1 000–5 000)
- 11–15 : marché correct (5 000–10 000)
- 16–20 : marché > 10 000 clients potentiels
Test concret (sans outils) :
- pouvez-vous lister 50 à 100 prospects précis (métiers + exemples) ?
- pouvez-vous passer de 10 à 100 clients sans changer de cible ?
- y a-t-il des concurrents ? (souvent bon signe : marché existant)
2) Douleur : le problème est-il vraiment douloureux ? (25 pts)
Question clé :
Que se passe-t-il si votre SaaS n’existe pas ? Rien… ou un vrai manque ?
Barème :
- 0–5 : confort / gadget / nice-to-have
- 6–10 : problème présent mais contournable
- 11–20 : problème important, perte de temps/argent régulière
- 21–25 : douleur forte confirmée par au moins 5 interviews (ou échanges très qualifiés)
Test simple : demandez à un prospect
“Si ce problème n’est pas réglé dans 3 mois, qu’est-ce que ça vous coûte concrètement ?”
Si la réponse parle de temps, argent, opportunités, conformité, erreurs → c’est bon signe.
3) Concurrence : menaçante ou rassurante ? (15 pts)
Question clé :
Y a-t-il déjà des solutions, et qu’est-ce que ça dit du marché ?
Barème :
- 0–5 : saturé, outils identiques, aucun angle
- 6–10 : concurrents sérieux, mais espace si vous vous positionnez
- 11–15 : peu de concurrents directs / angle très clair
Attention :
- zéro concurrence = souvent zéro marché
- concurrence = validation… si vous avez une différenciation (niche, distribution, UX, intégrations)
4) Monétisation : potentiel de revenu récurrent ? (20 pts)
Question clé :
Combien pouvez-vous viser en MRR (revenu mensuel récurrent) ?
Barème :
- 0–5 : faible valeur perçue, difficile à monétiser
- 6–10 : abonnement possible mais ticket bas
- 11–15 : MRR potentiel > 1 000 €/mois
- 16–20 : potentiel > 5 000 €/mois (ou atteignable grâce à audience/réseau)
Ici, on prépare la suite : vous allez valider “pour de vrai” avec le module rentabilité.
5) Exécution & intégrations : réalisable en MVP sans enfer technique ? (20 pts)
Question clé :
Est-ce faisable en MVP sans architecture énorme, avec des intégrations standards ?
Barème :
- 0–5 : complexe (IA lourde, infra, dépendances)
- 6–10 : faisable mais scope à réduire
- 11–15 : MVP faisable en quelques semaines (no-code/low-code)
- 16–20 : MVP clair + intégrations standards (Stripe, Notion, Google, CRM…)
Point clé (souvent oublié) : les intégrations.
Un SaaS rentable ne vit pas “seul”. Il se branche au workflow client (Stripe, CRM, Google, Notion…).
Plus vous êtes “plug & play”, plus vous réduisez friction et churn.
Étape 2 — Le module rentabilité (ARPU / marge / CAC)
Ici on répond à la question brutale :
Même si les gens aiment l’idée… est-ce que ça peut payer ?
On regarde 3 chiffres :
- ARPU : revenu mensuel moyen par client
- marge : est-ce qu’il reste quelque chose après les coûts ?
- CAC : combien coûte un client ?
1) Fixer un prix cible (ARPU)
Repère simple en B2B :
- 50 à 200 €/mois = zone souvent saine au départ
En dessous de 50€/mois, il faut beaucoup de clients (support, churn…).
Au-dessus de 200€/mois, vous vendez plus en “humain” (démos, calls), mais c’est souvent plus solide.
Mini-test :
Si votre SaaS fait gagner du temps facturable, un client, des erreurs évitées, vous pouvez viser 79–149€/mois sans rougir.
2) Estimer les coûts (one-shot + mensuels)
Deux blocs :
Coût de lancement (one-shot)
- MVP sérieux (design + logique + intégrations + paiements) : souvent 5k à 20k€ selon complexité.
Coûts mensuels
- outils (hébergement, email, support, analytics…) : souvent 100 à 500€/mois
- votre temps (support, amélioration, marketing)
- éventuellement prestas
Notez un chiffre simple : coûts mensuels totaux.
3) Estimer un CAC (sans Excel de consultant)
Choisissez une estimation réaliste :
- Audience existante → CAC proche de 0 (vous payez en contenu)
- Outreach / LinkedIn / réseau → CAC souvent 50–300€ (temps + calls)
- Ads from scratch → CAC souvent 100–300€ en B2B au départ
4) Les 3 repères GO / NO-GO
Ce sont des garde-fous (pas des lois physiques), mais très utiles :
- Panier mensuel > CAC × 3 (sinon vous ne scalez jamais)
- Marge brute > 70% (idéal 80–90%)
- Seuil de rentabilité < 10 clients (cashflow mensuel)
Si vous êtes loin :
- augmentez le prix
- changez d’avatar (plus solvable)
- changez de canal (CAC)
- réduisez le scope (coûts)
5) Mini-calcul express : votre seuil de rentabilité
Formule :
Nombre de clients pour être cashflow positif = coûts mensuels / ARPU
Exemple :
- coûts mensuels 400€ / ARPU 99€ → ~5 clients
Faites aussi le test 10 / 50 / 100 clients :
- à 10 clients : est-ce que ça couvre largement ?
- à 50 : support/churn gérables ?
- à 100 : est-ce que ça devient un “vrai business” ?
3 exemples concrets (pour ne pas rester théorique)
Exemple 1 : créateur de contenu – SaaS pour monétiser son audience
Score élevé + CAC faible (audience) → très bon combo.
Souvent : GO, à condition d’un MVP simple.
Exemple 2 : freelance – productiser son coaching en SaaS
Souvent : marché ok, mais douleur floue → interviews indispensables.
Souvent : 50–69, puis tests terrain.
Exemple 3 : entrepreneur – MVP B2B niche
Souvent : GO si pain confirmé + pricing réaliste + CAC maîtrisable.
Pièges fréquents (à éviter absolument)
- Confondre likes / compliments avec intention d’achat
- Surestimer la taille du marché (“tout le monde”)
- Sous-estimer le CAC
- Fixer un prix trop bas “pour démarrer”
- Oublier les intégrations (si ça ne s’insère pas dans le workflow, ça churn)
Conclusion : l’essentiel en 3 lignes
- Score + rentabilité = décision GO/NO-GO propre
- Une idée rentable vise un avatar solvable + un prix réaliste + un CAC maîtrisé
- Si c’est vert : passez au terrain, puis au MVP.
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