Vous avez une idée de SaaS.
Vous savez vaguement à combien vous aimeriez le vendre.
Mais vous ne savez pas si les gens sont vraiment prêts à payer ce prix.
Avant de dépenser des semaines en développement, vous pouvez tester votre pricing en 1 semaine, sans coder, et obtenir un signal concret de rentabilité potentielle.
Dans cet article, on va voir comment tester un prix rapidement avec :
- une landing page simple,
- 3 niveaux de prix bien choisis,
- un test A/B,
- et un seul objectif : mesurer la willingness to pay (la volonté de payer).
Pourquoi tester le prix en premier : le vrai signal de rentabilité
La plupart des fondateurs testent :
- l’idée (“est-ce que tu trouves ça intéressant ?”),
- les fonctionnalités (“est-ce que tu utiliserais ça ?”).
Le problème : les gens disent “oui” facilement…
Mais ils sortent leur carte beaucoup moins facilement.
Pour un SaaS, le prix est le signal le plus fort de rentabilité, parce qu’il répond à une seule question :
Est-ce que ce problème vaut assez cher pour justifier un abonnement tous les mois ?
Tester le prix en premier permet de :
- filtrer les curieux des vrais acheteurs,
- estimer un MRR potentiel (revenu mensuel récurrent),
- décider si ça vaut le coup d’investir dans un développement SaaS sur mesure.
Votre objectif n’est pas d’avoir raison sur le tarif.
Votre objectif est d’avoir des données réelles pour prendre une décision pricing :
“Je continue, j’ajuste ou j’abandonne”.
Étape 1 : définir 3 niveaux de prix ancrés au problème client
Avant de créer la moindre page, vous devez décider quoi tester.
1.1. Pourquoi 3 niveaux de prix ?
Trois tarifs (par exemple 29 / 79 / 149 €) permettent de :
- segmenter vos clients : débutants, sérieux, pros,
- tester différents niveaux de valeur perçue,
- maximiser le revenu moyen par utilisateur (ARPU).
Un seul prix ne dit rien :
si les gens ne cliquent pas, vous ne savez pas si c’est trop cher, mal présenté, ou pas assez clair.
Trois prix vous montrent :
- quel segment réagit le plus,
- s’il existe une vraie demande premium.
1.2. Ancrer le prix au problème (et pas aux fonctionnalités)
Votre prix ne doit pas sortir de nulle part.
Il doit être ancré au problème que vous résolvez.
Posez-vous trois questions :
-
Combien ce problème coûte aujourd’hui à mon client ?
- Temps perdu par mois ?
- Revenus non générés ?
- Stress / erreurs / retards ?
-
Combien mon SaaS lui fait gagner concrètement ?
- X heures par mois,
- Y clients de plus,
- Z euros économisés.
-
Quel pourcentage de ce gain semble raisonnable en abonnement ?
- 10–20 % du gain mensuel est souvent acceptable.
Exemple :
Vous ciblez des freelances qui perdent 5 heures par mois en suivi clients.
5 h x 60 €/h = 300 € / mois de temps gâché.
Proposer un SaaS entre 29 et 79 € / mois est cohérent : il “rachète” une partie de ce temps.
1.3. Construire vos 3 niveaux de prix
Vous pouvez partir sur une structure simple :
- Plan Basique – pour “tester le service”
- Prix : niveau d’entrée (ex : 29 €/mois)
- Limites : moins d’automatisation, quotas bas.
- Plan Pro – pour usage sérieux (votre plan cible)
- Prix : 2 à 3x le basique (ex : 79 €/mois)
- Positionné comme “Meilleur choix”.
- Plan Premium – pour les pros avancés / équipes
- Prix : 2x le Pro (ex : 149 €/mois)
- Plus de volume, priorisation, support.
Votre but n’est pas que tout le monde choisisse le basique.
Votre but est de voir où se concentre réellement la volonté de payer.
Étape 2 : créer une landing page test avec offre + prix (sans coder)
Vous n’avez pas besoin de coder un SaaS pour tester le prix.
Vous avez besoin d’une page claire qui présente :
- le problème,
- la solution (votre futur SaaS),
- les 3 niveaux de prix,
- un bouton d’action qui sert de signal : “Je suis prêt à payer”.
2.1. Structure simple de la landing
Gardez la page ultra lisible :
-
Accroche claire
“Automatisez [problème] pour [personas] en [bénéfice mesurable].”
-
Section problème
Décrivez la douleur :
- temps perdu,
- erreurs,
- argent laissé sur la table.
-
Section solution
Expliquez ce que le SaaS fera pour eux (résultat, pas techno).
-
Section prix + plans
Vos 3 niveaux, bien différenciés, avec :
- un titre par plan,
- 3–5 bénéfices concrets,
- le prix,
- un bouton type “Je réserve mon accès”.
-
Preuve / rassurance (facultatif mais utile)
- mini témoignage si vous avez déjà des clients sur une version manuelle,
- ou mention de votre expérience.
2.2. Le signal de paiement : clic ou pré-paiement
Vous avez deux options pour mesurer la willingness to pay :
-
Signal “clic vers paiement” (sans encaisser)
- Le bouton de chaque plan mène vers :
- une page “liste d’attente payante”,
- ou un formulaire pour “réserver son tarif de lancement”.
- Vous mesurez combien cliquent sur chaque plan.
- Idéal si vous voulez rester simple et ne pas encaisser tout de suite.
-
Pré-paiement (signal très fort)
- Vous encaissez un premier paiement ou une pré-commande.
- Vous indiquez clairement :
“Lancement prévu à telle date, remboursé si le produit ne voit pas le jour.”
- C’est le signal ultime que le prix est validé.
Dans les deux cas, l’important est d’avoir un signal paiement, pas un simple “Je suis intéressé”.
Étape 3 : lancer un test A/B sur 3 prix et mesurer la volonté de payer
Vous avez votre offre et vos 3 niveaux tarifaires.
Maintenant, vous voulez tester la réaction réelle des visiteurs.
3.1. Qu’est-ce qu’on teste exactement ?
Vous pouvez jouer sur deux choses :
-
La présentation de vos 3 plans (option A vs option B) :
- Variante A : Pro mis en avant, Premium discret.
- Variante B : Premium mis en avant, Pro en support.
-
Les niveaux de prix eux-mêmes :
- Variante A : 19 / 49 / 99 €
- Variante B : 29 / 79 / 149 €
L’objectif : voir où les gens cliquent réellement.
3.2. Combien de visiteurs pour un test valable ?
Pour ce type de test de prix, visez :
- 100 à 500 visiteurs par variante (A et B),
- donc au total 200 à 1000 visiteurs.
Ce n’est pas un test scientifique parfait, mais suffisant pour :
- voir si personne ne clique,
- ou si au contraire un plan attire clairement les gens.
3.3. Et si je n’ai pas de trafic ?
Deux options simples :
-
Votre audience existante
- Newsletter,
- réseau social,
- communauté,
- clients actuels de votre activité freelance.
-
Petite campagne publicitaire ciblée
- quelques dizaines d’euros sur une audience précise (créateurs, freelances, niche B2B),
- juste pour générer de quoi avoir ces 100–500 visites par variante.
L’idée n’est pas de scaler.
L’idée est de mesurer la volonté de payer sur un petit échantillon.
Étape 4 : analyser les signaux de paiement et décider de votre pricing
Une fois que vous avez des visites et des clics, vous passez en mode décision.
4.1. Quels signaux regarder ?
Les signaux clefs :
- Taux de clics vers le paiement / pré-commande par plan :
- Combien de personnes cliquent vers le paiement pour le plan Basique / Pro / Premium ?
- Répartition par plan :
- 80 % sur le Basique → forte sensibilité au prix.
- 60–70 % sur Pro → bon positionnement.
- 20–30 % sur Premium → vraie valeur perçue chez un segment.
Quelques ordres de grandeur (à adapter à votre niche) :
- < 2 % de visiteurs qui cliquent vers un plan :
prix probablement trop haut ou valeur trop floue.
- 5–10 % de visiteurs qui cliquent vers un plan :
bon signal, pricing à creuser.
- Des pré-paiements effectifs :
très bon signal, la demande existe vraiment.
4.2. Comment décider du pricing optimal ?
En fonction des résultats, vous pouvez :
-
Conforter un tarif
Si le plan Pro à 79 € attire majoritairement les clics :
- 79 € devient votre référence,
- vous ajustez Basique et Premium autour.
-
Repositionner vos niveaux
Si tout le monde clique sur le Basique :
- soit la valeur perçue est trop faible,
- soit l’écart de prix est trop violent.
→ Vous pouvez baisser légèrement le Pro, ou renforcer clairement ce qu’on gagne en passant dessus.
-
Remonter les prix
Si vous avez beaucoup de clics sur Premium, et que les retours restent positifs,
c’est souvent le signe que vous pouvez augmenter tous les tarifs.
-
Décider d’arrêter
S’il n’y a aucun signal de paiement malgré un trafic qualifié et une offre claire :
- vous économisez des mois de développement,
- vous pouvez retravailler le problème, la niche, ou passer à une autre idée.
Exemple concret : valider 5k € de MRR potentiel en 1 semaine
Un freelance veut productiser son expertise avec un SaaS B2B.
- Il définit 3 prix : 29 / 79 / 149 €.
- Il crée une landing avec ces 3 plans et un bouton “Je réserve mon accès”.
- Il envoie la page à sa newsletter de 1000 abonnés.
Résultats :
- 40 clics vers le paiement,
- dont 8 sur Basique, 24 sur Pro, 8 sur Premium.
Il se concentre sur le plan Pro :
- 24 personnes prêtes à passer sur un tarif à 79 €,
- sur un trafic de 1000 personnes de sa cible.
Potentiel théorique :
- S’il convertit 70 clients sur ce même type d’audience,
- à 79 €/mois,
- il se rapproche des 5 000 € de MRR.
Ce n’est pas une garantie, mais c’est un signal fort que :
- le prix est cohérent,
- la valeur est perçue,
- ça mérite un vrai développement SaaS, sur mesure.
En résumé : si vous vous demandez comment tester un prix rapidement pour votre futur SaaS, la réponse tient en 4 éléments :
- 3 niveaux de prix ancrés au problème, pas aux fonctionnalités.
- Une landing claire avec offre + prix, sans coder.
- Un test A/B simple, 100–500 visiteurs par variante.
- Une décision basée sur un signal paiement réel (clics ou pré-paiements), pas sur des opinions.
Si vous avez déjà une idée claire de votre problème, de votre cible et que vous voulez aller plus loin, le prochain levier sera de transformer ces données en SaaS clé-en-main prêt à vendre, sans toucher une ligne de code.
Envie d’aller plus loin avec cette thématique ?
Contacte-moi pour transformer cette idée en projet concret : site, outil, SaaS ou contenu plus approfondi.