Vous avez annoncé votre idée de SaaS.
Les gens likent, commentent, s’inscrivent sur une waitlist…
Mais au moment de passer à la prévente : silence radio.
Le problème ne vient pas forcément de votre idée.
Le problème, ce sont les faux signaux que vous prenez pour de la traction.
Dans cet article, on décortique 7 erreurs de prévente SaaS qui donnent l’illusion que “ça marche”, alors que personne ne sort sa carte bleue.
Objectif : vous éviter de perdre des mois (et de l’argent) sur une traction… inexistante.
Pourquoi les faux signaux ruinent vos préventes SaaS
En prévente, votre objectif n’est pas de “faire parler” de votre projet, mais de répondre à une question simple :
“Est-ce que des gens sont prêts à payer pour ce SaaS, maintenant ou très bientôt ?”
Le problème : beaucoup de freelances, créateurs et entrepreneurs se fient à :
- des likes,
- des DM enthousiastes,
- des waitlists gonflées,
- des statistiques de visites…
…et concluent qu’ils tiennent une pépite.
Résultat : ils investissent dans le développement (souvent sur mesure, via un prestataire), sans validation financière réelle.
Dans ce guide, on se concentre sur les erreurs de prévente et les faux signaux.
Pas de tuto complet, pas de liste d’outils : uniquement ce qui vous évite d’interpréter de la fumée comme du feu.
Erreur 1 : Confondre intérêt passif (likes) avec engagement payant
Les likes ne sont pas une validation.
C’est un réflexe social, pas un engagement économique.
- Un post LinkedIn ou Instagram sur votre idée de SaaS peut faire 10 000 likes.
- Ça ne signifie pas que 10 personnes paieront.
Des études marketing montrent que plus de 80 % des leads “froids” ne convertissent jamais, même s’ils ont montré un intérêt initial.
Comment reconnaître ce faux signal ?
- “C’est génial, tiens-moi au courant !”
- “Je kiffe le concept.”
- “Il faut trop que tu le fasses.”
Tout ça = intérêt passif.
Sans lien de paiement, formulaire de précommande ou rendez-vous programmé, ce n’est pas de la traction.
Exemple
Un creator lance un thread Twitter ultra-viral sur son futur SaaS.
Résultat :
- 10 000 likes
- des centaines de commentaires
- 0 prévente quand il envoie un lien Stripe.
Conclusion : il a validé que le sujet intéresse, pas que les gens paieront pour sa solution.
Erreur 2 : Cibler une audience non solvable ou mal qualifiée
Vous pouvez avoir beaucoup d’intérêt… mais chez des gens qui ne paieront jamais.
Typiquement :
- étudiants,
- débutants fauchés,
- audience “generaliste” qui n’a pas le problème assez fort,
- personnes qui aimeraient avoir le problème… mais ne l’ont pas vraiment.
On estime que près de 70 % des échecs produits viennent d’un mauvais fit marché / audience.
Signes que votre cible est mal qualifiée
- Ils “adorent l’idée” mais ne peuvent pas justifier l’investissement.
- Ils comparent votre SaaS à des outils gratuits.
- Ils répondent “je verrai plus tard” dès que vous parlez budget.
Exemple
Un creator avec une communauté de jeunes freelances débutants veut vendre un SaaS à 99 €/mois pour “gérer un studio remote”.
Problème : sa communauté n’a ni le niveau, ni le chiffre d’affaires, ni la maturité pour ce type d’outil.
Résultat : 10k likes, 0 client.
Erreur 3 : Proposer une offre floue sans bénéfices concrets
Autre faux signal : vous communiquez un concept qui plaît… mais votre offre est incompréhensible.
Si les gens ne comprennent pas en quoi leur vie sera meilleure avec votre SaaS, ils ne paieront pas.
Indices que votre offre est trop floue
- Vous parlez surtout des fonctionnalités (“dashboard”, “automatisation”, “API”)…
- …et très peu des résultats concrets (“+X ventes”, “-Y heures perdues”, “Z tâches supprimées”).
- Vos messages restent vagues : “plateforme tout-en-un”, “outil puissant”, “SaaS innovant” (mais pour quoi, exactement ?).
Sans bénéfices clairs, votre taux de closing est proche de 0 %, même si les gens “trouvent l’idée stylée”.
Erreur 4 : Omettre le prix pour masquer le manque de validation
“C’est trop tôt pour parler de prix.”
“Je verrai le pricing plus tard, une fois que le produit existera.”
C’est l’une des erreurs de prévente les plus coûteuses.
Sans prix annoncé, vous ne testez pas une intention d’achat.
Vous testez juste une curiosité.
Pourquoi c’est dangereux ?
- Les gens disent “oui” à une idée sans contrainte de budget.
- Dès que le prix apparaît, une partie énorme se retire.
- Vous vous persuadez que l’idée est validée… alors que vous n’avez testé aucune friction.
Exemple
Un freelance construit une waitlist de 500 personnes autour d’un futur SaaS.
Il n’a jamais annoncé de tarif.
Au lancement, il propose un plan à 39 €/mois : seulement 2 % des inscrits convertissent.
Les 98 % restants étaient curieux, pas acheteurs.
Règle simple pour vos préventes SaaS :
Pas de validation sérieuse sans prix clair et public (ou au minimum, annoncé individuellement).
Erreur 5 : S’appuyer sur des vanity metrics au lieu de revenus
Les vanity metrics sont des chiffres qui flattent l’ego, mais ne disent rien sur la viabilité de votre SaaS :
- visites sur la landing page,
- impressions sur vos posts,
- nombre de clics,
- temps passé sur la page.
En SaaS, ce qui compte vraiment, ce sont des signaux économiques :
- MRR potentiel (revenu mensuel récurrent si vos préventes se confirment),
- nombre de préventes payées,
- acomptes versés,
- taux de conversion d’un call vers un paiement.
Si vous basez vos décisions sur des métriques de vanité :
- vous pouvez vous réjouir de “1000 visites / jour”
- alors que 0 personne ne clique sur “Je précommande”.
Exemple
Un entrepreneur lance un site de présentation.
Analytics : les courbes montent, les visites explosent.
Ce qu’il ne regarde pas : son churn en beta privée est déjà à 90 % après 1 mois d’essai.
Les vanity metrics lui cachent que les utilisateurs ne restent pas… et encore moins paient.
Erreur 6 : Une waitlist gonflée sans conversions réelles
La waitlist est probablement le faux signal le plus répandu en préventes SaaS.
Une liste d’attente de :
- 200,
- 500,
- 1000 personnes…
…ne signifie rien tant que vous n’avez pas proposé une offre payante.
Comment une waitlist devient un faux signal ?
- formulaire ultra rapide (“juste ton email”),
- aucune notion de prix,
- promesse très large (“Je te préviens dès que ça sort !”).
Résultat : vous récoltez beaucoup d’adresses, peu qualifiées.
Exemple
Un freelance collecte 500 emails en 3 semaines.
Il se persuade qu’il a de la traction.
Quand il envoie une offre early-bird à 29 €/mois :
→ 10 préventes, soit 2 % de conversion.
La réalité : 490 personnes n’étaient jamais des prospects sérieux.
Comment rendre une waitlist plus “honête” ?
Même si ce n’est pas un tuto complet, un principe clé :
- Ajoutez un signal économique : dépôt remboursable, formulaire avec budget estimé, question “Seriez-vous prêt à payer ~XX €/mois ?”.
Sans ça, votre waitlist est un indicateur gonflé… pas une preuve.
Erreur 7 : Ignorer les biais cognitifs en préventes
Les biais cognitifs faussent votre lecture de la réalité.
En prévente SaaS, deux biais font des ravages.
1. Biais de confirmation
Vous ne voyez que ce qui confirme que votre idée est bonne :
- vous retenez les messages enthousiastes,
- vous ignorez les “non”,
- vous interprétez chaque like comme une quasi-vente.
Résultat : vous surinterprétez le moindre signal positif comme de la “traction”.
2. Biais de desirability sociale (politesse)
Les gens n’aiment pas dire non, surtout à quelqu’un qu’ils apprécient (créateur de contenu, freelance qu’ils suivent, entrepreneur sympa).
Ils vont donc :
- arrondir les angles,
- dire “ça a l’air super, keep me posted”,
- s’inscrire “pour voir”.
Ça ne veut pas dire qu’ils paieront.
Votre antidote :
- Posez des questions fermes :
“Est-ce que tu serais prêt à payer ~XX €/mois pour ça si ça sortait dans 2 mois ?”
- Cherchez activement les “non”.
Les refus clairs sont plus utiles que les encouragements vagues.
- Ancrez vos décisions sur des paiements, pas sur des opinions.
Conclusion : Ce qui compte vraiment pour vos préventes SaaS
Les likes, les waitlists massives et les statistiques de visites donnent l’illusion de la traction.
Mais un SaaS ne vit pas de bonne volonté : il vit de revenu récurrent.
Pour éviter les erreurs de prévente et les faux signaux :
-
Intérêt ≠ argent
Tant qu’il n’y a pas de paiement (ou d’engagement fort vers le paiement), ce n’est pas de la traction.
-
Cible solvable et qualifiée
Concentrez-vous sur une audience qui a le problème, le budget et l’urgence.
-
Offre claire
Expliquez des bénéfices concrets, pas seulement des fonctionnalités.
-
Prix annoncé tôt
Ne reportez pas la discussion sur le prix. La validation sans argent est une illusion.
-
Métriques utiles, pas de vanité
MRR potentiel, préventes payées, taux de conversion > clics, impressions et followers.
-
Waitlist avec friction économique
Un email n’est pas un engagement. Un dépôt ou une réponse “oui je paierais X” se rapproche plus de la vérité.
-
Surveillez vos biais
Ne cherchez pas à avoir raison. Cherchez à savoir si le marché paiera vraiment.
Si vous voulez transformer votre idée ou votre expertise en SaaS rentable, surtout en mode done-for-you (sans apprendre à coder), ces principes sont critiques.
Ils vous évitent de financer un développement sur mesure… pour un produit qui n’a jamais vraiment été validé.
Les vrais signaux de traction sont simples à reconnaître :
ce sont ceux qui viennent avec de l’argent dessus, pas avec des likes.
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