Lancer un SaaS sans coder, c’est tentant.
Mais la plupart des flops ne viennent pas de la tech. Ils viennent d’une mauvaise validation d’idée business.
Tu peux avoir :
- un bon marché,
- une vraie expertise,
- une audience existante…
…et quand même te planter, juste parce que tu as mal lu les signaux avant de développer.
Dans cet article, on va voir 7 erreurs de validation d’idée business qui ruinent un projet de SaaS, avec :
- des exemples concrets,
- les signaux trompeurs à éviter,
- les signaux forts à chercher,
- des corrections simples à appliquer avant d’investir dans un SaaS sur mesure.
1. Le biais de confirmation : ne voir que ce qui valide ton idée
Le biais de confirmation, c’est quand tu cherches surtout des preuves que ton idée est bonne… et que tu ignores tout le reste.
Tu poses des questions qui appellent un “oui”.
Tu retiens les retours positifs.
Tu minimises les objections car “les gens ne comprennent pas encore”.
Exemple concret
Tu es créateur de contenu productivité.
Tu veux lancer un SaaS de “dashboard ultime” pour solopreneurs.
Tu postes sur Instagram :
“Qui galère à suivre ses tâches / revenus / clients ?
Je pense créer un outil qui résout tout ça, intéressé(e) ?”
Résultat :
- 120 likes
- 35 réponses “Carrément !”
Tu conclus :
“C’est validé, les gens en ont besoin.”
Problème :
- Personne n’a payé.
- Tu n’as pas demandé ce qu’ils utilisent déjà, ce qu’ils ont réellement testé ou payé par le passé.
- Tu ignores les 5 messages de gens qui disent “j’utilise déjà Notion + Google Sheets, ça me suffit”.
Comment corriger
- Pose autant de questions pour invalider ton idée que pour la valider :
- “Pourquoi tu n’as pas encore cherché une solution ?”
- “Qu’est-ce qui t’empêcherait de payer pour ça ?”
- “Qu’est-ce qui te ferait dire non à mon outil ?”
- Note les signaux faibles :
- “Je n’ai pas vraiment ce problème.”
- “Je le ferais si c’était gratuit.”
- “Je ne veux pas changer d’outil.”
Signaux forts à chercher :
- quelqu’un dit : “Je paierais X€/mois pour ça si tu le lances” et accepte de laisser son mail + d’être rappelé pour payer,
- la douleur est exprimée spontanément (“c’est un enfer de…”), sans que tu guides la réponse.
2. Mauvais échantillon : demander uniquement à ton entourage
Autre erreur classique de validation d’idée business : interroger… les mauvaises personnes.
Tu veux vendre un SaaS à :
- des coachs business,
- des e-commerçants,
- des créateurs avec +10k abonnés.
Mais tu testes ton idée sur :
- tes amis salariés,
- ta famille,
- des indépendants qui ne ressemblent pas à ta cible.
Exemple concret (Google Glass)
Google Glass a été encensé par :
- des early adopters,
- des geeks,
- la presse tech.
Mais le grand public :
- ne voulait pas porter un truc bizarre au visage,
- trouvait ça intrusif,
- n’y voyait pas un usage quotidien clair.
Résultat :
Produit techniquement brillant, idée mal validée sur le mauvais échantillon.
Comment corriger
- Sois ultra précis sur ta cible avant de valider :
- “Créateurs YouTube > 10k abonnés, monétisant déjà via formation ou sponsor”
- “Freelances B2B facturant > 2 000 €/mois”
- Interroge 10 à 20 personnes qui correspondent vraiment à ce profil.
- Ne compte pas les avis de ta mère ou de ton pote dev qui “trouve l’idée cool”.
Signaux trompeurs :
- “C’est génial” venant de gens qui ne paieront jamais pour ton SaaS.
- “Si c’était gratuit, je l’utiliserais” → ça ne valide rien.
Signal fort :
- une personne de ta cible propose de payer pour tester ou te demande “tu lances quand ?”
3. Questions biaisées en étude de marché
Tu peux avoir la bonne cible… mais poser des questions qui faussent tout.
Les questions biaisées :
- suggèrent déjà la réponse,
- forcent un oui,
- ne montrent pas la réalité du comportement.
Exemple de questions biaisées
- “Tu aimerais un outil qui centralise tout dans un seul dashboard, non ?”
- “Si je créais un SaaS qui te fait gagner du temps, tu serais intéressé ?”
- “Tu paierais 29€/mois pour un outil qui t’aide à trouver plus de clients, non ?”
Quasiment tout le monde va répondre “oui” à ça.
Mais ça reste du signal trompeur.
Comment corriger
Pose des questions :
- neutres,
- ouvertes,
- ancrées dans le comportement passé, pas dans les intentions vagues.
Exemples :
- “Comment tu gères aujourd’hui [problème ciblé] ?”
- “Qu’est-ce qui te pose le plus de problème dans ce process ?”
- “C’est quoi la dernière fois où tu as payé pour résoudre ça ? Quoi, combien, pourquoi ?”
Signaux forts :
- mention de dépenses déjà faites pour ce problème,
- frustration claire (“ça me prend X heures par semaine”, “je perds X€ par mois à cause de ça”).
4. Faux positifs : confondre intérêt et achat
Un “like” n’est pas une validation.
Un “intéressant” en DM non plus.
C’est l’erreur la plus fréquente en validation d’idée business.
Exemple : Juicero
Juicero, machine à jus connectée à 400$, a été portée par :
- un super branding,
- des démonstrations impressionnantes,
- de gros investisseurs séduits.
Les signaux trompeurs :
- enthousiasme des médias,
- curiosité du public,
- levées de fonds importantes.
Mais très peu de clients étaient prêts à :
- payer aussi cher,
- s’engager dans l’achat de capsules dédiées,
- utiliser vraiment la machine régulièrement.
Résultat : flop monumental.
Dans ton cas SaaS
- 200 likes sur ton post LinkedIn qui présente ton idée.
- 50 abonnés sur ta “liste d’attente”.
- 0 paiement, 0 engagement ferme.
Tu penses : “mon idée est bien validée”.
En réalité : tu as juste validé que ton pitch attire la curiosité, pas qu’il convertit.
Comment corriger
Cherche des signaux forts, pas des vanity metrics :
-
Signal faible / trompeur :
- likes,
- commentaires “hâte de voir ça”,
- inscriptions gratuites sans engagement.
-
Signal fort :
- quelqu’un paie (même un petit montant de prévente),
- quelqu’un accepte un call de 30 min pour en parler sérieusement,
- une personne revient vers toi spontanément pour savoir “où ça en est”.
Tu n’as pas besoin d’un guide complet de préventes pour ça :
même 3 à 5 pré-engagements sérieux (paiement, accord de test payant, lettre d’intention) peuvent suffire à valider la traction minimale.
5. Négliger la concurrence et les tendances
“Mon idée est unique, il n’y a aucun concurrent.”
Ce n’est presque jamais bon signe.
En validation d’idée business, absence totale de concurrence = gros drapeau rouge.
Exemple concret
Un micro-SaaS français sur la gestion de tâches pour freelances se lance en se disant :
“Il n’y a pas d’outil 100% conçu pour les freelances francophones, c’est un océan bleu.”
Sauf que :
- les freelances utilisent déjà Notion, ClickUp, Trello, etc.,
- ils ne cherchent pas activement une alternative,
- la “non-concurrence” venait surtout d’un faible appétit du marché pour un outil de plus.
Résultat :
Très peu de traction, churn élevé, abandon rapide.
Comment corriger
-
Identifie les solutions déjà utilisées (pas seulement les SaaS) :
- outils généralistes,
- Excel / Google Sheets,
- automatisations maison,
- assistants / freelances.
-
Analyse les tendances :
- les gens parlent-ils du problème dans des communautés, forums, commentaires ?
- y a-t-il déjà des contenus / formations payantes sur ce problème ?
Signal trompeur :
- “Je ne vois pas de SaaS qui fait exactement ça”.
Signal fort :
- “Les gens payent déjà pour résoudre ce problème, mais de manière compliquée / fragmentée” → là, ton SaaS peut apporter un gain clair.
6. Se focaliser sur les investisseurs avant les clients
Pour un créateur ou un freelance, c’est un raccourci :
vouloir “pitcher un investisseur” avant d’avoir parlé sérieusement à des clients potentiels.
Tu n’es pas une startup à la Silicon Valley.
Tu veux un SaaS rentable, pas un PowerPoint séduisant.
Exemple
Tu passes des semaines à :
- faire un deck,
- peaufiner ton business plan théorique,
- calculer des MRR projetés à 12 mois…
…sans avoir :
- interviewé 10 prospects,
- testé un positionnement prix,
- confronté ton idée à la réalité.
Comment corriger
- Ton premier “investisseur”, c’est ton premier client.
- Cherche des preuves de revenu avant des preuves de potentielle levée :
- quelqu’un prêt à prépayer,
- un client qui te dit “si tu me fais ça sur mesure, je signe”.
Signal fort :
- focus sur chiffre d’affaires réel possible à 3–6 mois, pas sur une valorisation hypothétique.
7. Ne pas analyser les retours : aucun indicateur clair de validation
Tu fais quelques interviews.
Tu as des retours écrits.
Mais tu ne les structures pas.
Résultat : tu restes dans le flou.
Erreur typique
- Tu te souviens vaguement que “les gens étaient intéressés”.
- Tu n’as pas de tableau avec :
- les problèmes cités,
- les mots exacts utilisés,
- le niveau de douleur (1 à 10),
- la volonté de payer.
Sans analyse structurée, tu ne peux pas distinguer :
- les signaux trompeurs (politesse, curiosité),
- des signaux forts (intention claire, urgence, budget).
Comment corriger
Crée une mini grille d’analyse simple pour chaque personne interrogée :
- Problème principal cité (leurs mots exacts)
- Fréquence du problème (quotidienne / hebdo / ponctuelle)
- Coût du problème (temps / argent / stress)
- Solutions déjà testées
- Budget déjà dépensé pour ce sujet
- Intérêt pour ton idée (0–5)
- Volonté de payer (0–5)
Signaux forts cumulés :
- problème fréquent + coûteux,
- budget déjà utilisé,
- intérêt + volonté de payer ≥ 4/5 chez plusieurs personnes de ta cible.
À partir de là, tu peux dire :
“Mon idée est suffisamment validée pour passer à une étape de développement SaaS pro.”
Conclusion : Checklist rapide pour valider ton idée avant ton SaaS sur mesure
Avant d’investir plusieurs milliers d’euros dans un SaaS no-code custom, vérifie cette checklist :
-
Ai-je cherché à invalider mon idée autant qu’à la valider ?
→ Si non, tu es probablement en plein biais de confirmation.
-
Ai-je parlé à au moins 10 personnes qui ressemblent vraiment à ma cible ?
→ Pas ton entourage, mais tes futurs clients.
-
Mes questions étaient-elles neutres, centrées sur le comportement passé, pas sur des “oui” de politesse ?
-
Ai-je des signaux forts, pas seulement des signaux trompeurs ?
- pré-engagement,
- paiement,
- forte douleur exprimée.
-
Ai-je identifié les solutions déjà utilisées et la concurrence indirecte ?
→ S’il n’y a vraiment rien, demande-toi : “Pourquoi ?”
-
Mon focus est-il sur les clients et le revenu, pas sur des investisseurs hypothétiques ?
-
Ai-je une synthèse écrite des retours, avec un minimum de scoring (douleur, budget, intérêt, volonté de payer) ?
Si tu coches ces points, tu réduis radicalement le risque de flop.
Ton idée passe de “intéressante en théorie” à base solide pour un SaaS rentable.
Et une fois cette validation faite, tu peux passer à l’étape suivante :
faire développer ton SaaS sur mesure, prêt à vendre, sans devoir apprendre à coder, en t’appuyant sur quelqu’un qui maîtrise à la fois :
- le design,
- le développement no-code,
- la logique business.
C’est là que j’interviens : transformer une idée clairement validée en produit SaaS premium qui peut générer du revenu récurrent, sans que tu deviennes développeur.
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