Valider une idée de SaaS, ce n’est pas chercher des « oui » polis.
C’est chercher tout ce qui pourrait te prouver que ton idée ne marche pas… avant d’y griller 6 mois et 10 000 €.
Dans cet article, on décortique un exemple de validation d’idée ratée à partir d’interviews utilisateurs. Tu vas voir 3 faux signaux qui trompent presque tout le monde, ce qu’ils auraient dû tester à la place, et comment pivoter proprement.
Objectif : que tu puisses dire à la fin :
« Je sais reconnaître une validation bidon avant de lancer (ou faire développer) mon SaaS. »
Pourquoi les faux positifs tuent plus de SaaS que les refus
Un « non » franc pendant la validation, c’est douloureux mais utile.
Ce qui tue un SaaS, ce sont les faux positifs :
- « C’est une super idée ! »
- « J’utiliserais clairement ça ! »
- « Si ça existait, je paierais. »
Tu entends ça, tu te rassures, tu fais développer ton MVP no-code…
Puis tu lances : 0 ventes, 0 usage, 0 traction.
Le problème ne vient pas du no-code, ni de ton développeur.
Le problème vient de la validation d’idée bancale, surtout quand elle repose mal sur les interviews.
On va suivre un cas composite (inspiré de situations réelles avec des créateurs, freelances et entrepreneurs) qui ont voulu lancer un SaaS sans coder, et se sont fait piéger par 3 faux signaux lors des interviews.
Cas 1 : L’enthousiasme verbal sans engagement (faux signal #1)
Ce qui a trompé
Un freelance marketing veut lancer un SaaS pour aider les créateurs à recycler automatiquement leurs contenus (posts → newsletter → scripts vidéos).
Processus de validation (sur le papier, ça part bien) :
- 12 interviews avec des créateurs.
- Il présente son idée, fait une démo Figma.
- Il pose la question classique :
« Si j’en faisais un outil, tu l’utiliserais ? »
Résultat :
- 10/12 répondent : « Oui carrément, j’adore l’idée. »
- 8/12 suggèrent même des features.
- Il note : « Validation OK, gros intérêt marché. »
Faux signal #1 : l’enthousiasme verbal.
Les gens adorent les bonnes idées… en théorie.
Dans la vraie vie, à la fin :
- 0 pré-commande
- 0 personne prête à s’engager sur une liste d’attente sérieuse
- 0 créateur prêt à réserver un créneau pour un test payant
Mais ça, il ne l’a pas testé à ce moment-là.
Le signal réel qu’il aurait dû voir
En relisant ses notes après coup, on voit des signaux faibles ignorés :
- Personne ne demande : « C’est dispo quand ? »
- Plusieurs disent : « Faut que je me discipline déjà sur le contenu… »
- D’autres : « J’ai déjà un Notion + un monteur, c’est un peu pareil. »
Le signal réel :
- La douleur est perçue comme « intéressante », pas comme urgente ni critique.
- L’enthousiasme reste théorique, il ne se transforme pas en action.
Ce qu’il aurait dû tester à la place
Au lieu de noter « intérêt fort », il aurait dû :
- Proposer une pré-commande claire :
« Je lance une première version pour 49 €/mois, tu veux une place dans les 10 premiers ? »
- Ou à minima, un engagement concret :
- Email pour waitlist + questionnaire détaillé
- Créneau calé pour une démo interactive future
- Lettre d’intention (LOI) si B2B
Règle :
Tant qu’il n’y a pas d’engagement mesurable (temps, argent, données), tu n’as pas de validation. Tu as juste des compliments.
Pivot / correction possible
Après avoir compris ça, il a pivoté :
- Focus sur une niche précise : créateurs déjà réguliers, débordés par la prod.
- Offre repositionnée en gain de temps mesurable (« 4h gagnées / semaine »).
- Ajout d’un simple test payant :
« Je fais le process à la main pour toi ce mois-ci, 250 €. Si ça te convient, on le transforme en SaaS. »
Là, il a eu 3 clients payants pour le service manuel → vrai signal.
Cas 2 : Interviews avec mauvais échantillon biaisé (faux signal #2)
Ce qui a trompé
Autre cas typique :
Une créatrice de contenu B2B veut lancer un SaaS d’analyse d’audience.
Elle fait ce qu’on lui conseille partout :
« Fais des interviews utilisateurs. »
Elle en fait 15.
Problème : ses 15 interviews =
- 7 amis entrepreneurs,
- 4 abonnés très engagés (les « fans »),
- 4 anciens clients de prestation.
Tous lui disent :
- « Super utile. »
- « On a besoin de mieux comprendre notre audience. »
- « C’est un vrai sujet. »
Faux signal #2 : le mauvais échantillon.
Amis, fans, anciens clients =
personnes biaisées qui veulent te soutenir ou te faire plaisir.
Le signal réel qu’elle aurait dû voir
En regardant de plus près :
- Les amis donnent des avis très positifs… mais flous.
- Les fans sont « intéressés » mais sans contrainte budgétaire réelle.
- Les anciens clients raisonnent encore en mode prestation, pas en mode SaaS self-service.
Elle ne parle presque à aucun inconnu qui :
- n’a pas de relation émotionnelle avec elle,
- doit justifier un budget,
- doit comparer avec d’autres outils.
Le signal réel : elle n’a pas testé son idée face à des strangers rationnels.
Ce qu’elle aurait dû tester à la place
Pour éviter ce faux positif massif, elle aurait dû :
- Se fixer une règle :
Minimum 20 interviews avec des personnes qui ne me connaissent pas.
- Recruter via :
- LinkedIn (DM ciblés),
- communautés pro,
- groupes Slack / Discord métiers.
- Poser des questions orientées comportement passé, pas intentions :
- « Quand as-tu payé un outil pour ça pour la dernière fois ? »
- « Quel budget tu consacres aujourd’hui à ce problème ? »
- « Qu’est-ce que tu as déjà essayé et abandonné ? Pourquoi ? »
Et surtout, comparer les réponses des inconnus vs proches.
Souvent, l’écart est brutal.
Pivot / correction possible
Après avoir parlé à 10 inconnus supplémentaires, elle découvre :
- Les équipes marketing utilisent déjà 2–3 outils d’analytics.
- Leur vraie douleur n’est pas « comprendre l’audience », mais :
- faire des reporting clairs pour leur direction,
- gagner du temps sur la collecte de données éclatées.
Elle pivote :
- Du « SaaS d’analyse d’audience »
→ à un SaaS de reporting automatisé basé sur les sources qu’ils utilisent déjà.
Et cette fois, elle demande :
- « Si je peux vous faire gagner 4h de reporting par semaine, à quel prix ça devient évident pour vous ? »
Les réponses deviennent chiffrées, comparables, réalistes.
Elle sort enfin du cercle des encouragements pour entrer dans le marché réel.
Cas 3 : Ignorer la concurrence et les signaux marché (faux signal #3)
Ce qui a trompé
Un entrepreneur veut lancer un SaaS no-code de gestion de leads pour freelances.
Il fait des interviews, tout le monde se plaint :
- « Je gère tout dans Excel / Notion, c’est le bazar. »
- « Je galère à relancer mes prospects. »
- « J’oublie des deals. »
Pour lui :
Douleur claire + aucun SaaS spécialisé « pour freelances » identifié = autoroute.
Il conclut :
« Personne n’a encore fait un outil dédié freelance, c’est un océan bleu. »
Faux signal #3 : confondre absence de SaaS spécialisé avec opportunité évidente.
Le signal réel qu’il aurait dû voir
En regardant les interviews :
- Plusieurs freelances évoquent déjà :
- HubSpot,
- Pipedrive,
- Notion templates achetés,
- Airtable + automatisations.
- Certains disent :
- « J’ai essayé deux CRM, j’ai arrêté. »
- « C’est trop lourd pour mon volume. »
Le signal réel :
- La concurrence existe… mais sous des formes différentes (génériques, templates, systèmes bricolés).
- Et surtout :
Le marché a déjà testé et abandonné des solutions → raison à creuser.
Ignorer ça, c’est ignorer un feedback-clé du marché :
« On n’a pas besoin d’un outil de plus, on a besoin de quelque chose de radicalement plus simple / adapté. »
Ce qu’il aurait dû tester à la place
Au lieu de se dire « personne n’a fait un SaaS pour freelances = bingo », il aurait dû :
- Faire un inventaire concret des alternatives :
- Outils généralistes déjà utilisés,
- Templates Notion / Airtable payants,
- Assistants / process manuels.
- Poser des questions précises :
- « Qu’est-ce qui t’a fait arrêter les CRM que tu as testés ? »
- « Si je supprime ton Excel / Notion aujourd’hui, qu’est-ce qui te manque vraiment ? »
- Tester la proposition de valeur contre ces alternatives, pas dans le vide :
- « Qu’est-ce que mon outil doit faire de mieux / plus simple que ton système actuel pour que tu le payes 29 €/mois ? »
Pivot / correction possible
En explorant mieux la concurrence réelle, il aurait vu :
- Les freelances ne veulent pas un « CRM de plus »,
ils veulent un rappel automatique ultra-simple + vue pipeline minimale.
- Ils ne se sentent pas « entreprise avec CRM », ils cherchent juste à :
- éviter d’oublier des leads,
- avoir une vue claire de leur mois.
Le pivot possible :
- Micro-SaaS hyper-focalisé sur :
- 1 seule vue pipeline,
- 1 système de relance automatique,
- 1 intégration à l’outil qu’ils utilisent déjà (Gmail, Notion…).
Et une promesse simple à tester :
« Si je peux t’aider à ne plus jamais oublier un lead et gagner 1 mission de plus par mois, tu paies combien ? »
Et maintenant ?
Si tu as une idée de SaaS mais que :
- tu n’as pas envie de te planter sur une validation bancale,
- tu ne veux pas apprendre le no-code toi-même,
- tu cherches un prestataire sérieux pour valider puis développer ton SaaS sur mesure,
je peux t’aider à :
- Valider ton idée proprement (sans te laisser piéger par ces faux signaux)
via interviews, tests d’engagement, pré-offres.
- Concevoir et construire ton SaaS clé-en-main (MVP ou produit complet)
avec une approche business-first : UX, logique métier, intégrations.
Tu gardes ton rôle : l’expertise, l’audience, la vision.
Je prends le reste : validation, produit, tech.
Ainsi, ton idée ne reste pas un « tout le monde m’a dit que c’était génial »…
mais devient un SaaS rentable, réellement utilisé, et prêt à vendre.
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