Vous avez une idée de SaaS, des clients potentiels intéressés… mais vous ne savez pas combien demander en prévente, ni sous quelle forme (dépôt, paiement complet, garanties, etc.).
Voici un guide concret pour fixer un prix crédible, demander un dépôt sérieux, structurer vos offres early adopters et poser des conditions de remboursement claires. Objectif : filtrer les bons clients, valider votre idée par l’argent, pas par les “ça a l’air cool”.
Pourquoi fixer un prix élevé en prévente ? L’ancrage et le signal “argent”
Une prévente n’est pas une remise “sympa” pour faire plaisir à vos premiers utilisateurs.
C’est un test business :
- L’idée est-elle monétisable ?
- À ce niveau de prix ?
- Avec ces clients-là ?
L’argent > l’intérêt : le signal qui compte
Vous pouvez avoir :
- 50 personnes qui vous disent “oui c’est génial, tiens-moi au courant”
- 5 personnes qui posent 1 000 à 2 000 € sur la table
Les 5 paiements valent infiniment plus que les 50 “intéressés”.
C’est le signal fort que vous cherchez : un engagement financier, pas une validation d’ego.
Pourquoi éviter les préventes trop basses
Si vous vendez votre prévente à 19 €/mois :
- vous ne validez pas un business rentable,
- vous attirez des utilisateurs peu engagés,
- vous vous bloquez pour augmenter ensuite.
À l’inverse, une prévente à 50–70 % du prix final prévu vous permet :
- d’ancrer la valeur du produit (“ce SaaS vaut X, je paie X * 0,6 maintenant”),
- de filtrer les clients sérieux,
- de vous donner une marge de manœuvre pour développer un produit solide.
Quel dépôt demander ? 20–50 % vs paiement complet pour filtrer les early adopters sérieux
La vraie question n’est pas “combien peut-il payer ?” mais :
“Quel niveau d’engagement je veux tester dès la prévente ?”
Option 1 : le dépôt (20–50 %) – parfait pour valider la demande
Pour un MVP SaaS sur mesure, viser :
- 20 à 50 % de dépôt est une bonne base,
- avec un minimum psychologique autour de 1 000 à 5 000 € pour un projet B2B sérieux.
Exemple :
- MVP facturé à terme 10 000 € pour un freelance B2B,
- prévente : 4 000 € de dépôt (40 %),
- le reste à la mise en production.
Dans l’article, on va parler surtout de signal business :
Demander au moins 1–5k€ en dépôt montre :
- que le client croit vraiment au projet,
- qu’il ne vous voit pas comme un “bricoleur” low-cost,
- qu’il est prêt à s’impliquer (feedback, tests, itérations).
Option 2 : paiement complet – pour filtrer au maximum
Pour certains profils (créateurs établis, entrepreneurs avancés), vous pouvez demander :
- paiement complet en prévente pour un pack annuel ou un MVP défini.
Exemple :
- Offre : “Pack MVP SaaS + 12 mois d’accès”
- Tarif final prévu : 8 000 €
- Prévente : 8 000 € payés upfront, avec conditions de remboursement (voir plus bas).
Intérêt :
- trésorerie immédiate,
- signal d’engagement massif,
- preuve forte de désir pour votre solution.
Limite :
- vous aurez moins de volume, mais des clients ultra motivés.
Prix types pour préventes SaaS : packs mensuel / annuel adaptés à votre niche
Même si vous faites du sur-mesure, vos prospects ont besoin de repères.
1. Ancrage prix : partir du “full price”
Commencez par définir votre prix cible après lancement :
- mensuel : par ex. 199 à 299 €/mois pour un SaaS B2B spécialisé,
- annuel : -20 à -30 % par rapport au mensuel (facturé upfront).
Ensuite, positionnez votre prix de prévente :
- 50 à 70 % du prix final prévu,
- clairement présenté comme une offre early adopter limitée.
Exemple :
- Prix cible après lancement : 299 €/mois
- Prévente : 199 €/mois pendant 12 mois, prix garanti, puis passage au tarif normal.
2. Packs mensuel vs annuel
Mensuel (MRR) :
- 99–299 €/mois en B2B / créateurs sérieux,
- bon pour rendre l’entrée “digeste”,
- pratique pour montrer le levier “revenu récurrent”.
Annuel (upfront) :
- -20 % par rapport au mensuel,
- idéal en prévente pour sécuriser du cash :
- ex : 1 990 €/an au lieu de 2 388 € (199 €/mois).
Exemple concret :
- Early adopter : 199 €/mois x 12 la première année
- ou 1 900–2 000 € payés une fois pour l’année,
- après lancement : 299 €/mois.
Offres early adopter : réductions conditionnelles et conditions de remboursement
Votre offre early adopter doit faire deux choses :
- Récompenser ceux qui vous font confiance tôt.
- Rester sainement rentable pour vous.
Structurer une offre early adopter claire
Vous pouvez jouer sur 3 leviers :
-
Réduction sur le prix
- 30–50 % de remise sur la première année uniquement,
- prix figé pour X années pour les tout premiers (ex : 10 clients max).
-
Accès prioritaire / influence sur la roadmap
- workshops avec vous,
- influence directe sur les features clés,
- support prioritaire.
-
Engagement minimum
- engagement sur 12 mois,
- ou pack “MVP + 12 mois d’usage” non fractionné.
Exemple :
Offre early adopter :
- 199 €/mois pendant 12 mois (au lieu de 299 € après lancement)
- engagement 12 mois
- accès prioritaire aux nouvelles fonctionnalités
- place limitée à 10 clients
Conditions de remboursement : à poser dès la prévente
Pour rassurer sans vous mettre en danger, jouez la transparence contractuelle :
- “Si nous ne livrons pas XYZ, vous êtes remboursé de…”.
Exemples de mécanique :
- 100 % remboursé si le produit n’est pas livré dans un périmètre minimal défini (MVP fonctionnel).
- Remboursement partiel après certaines étapes (milestones).
Exemple typique :
- Dépôt : 4 000 €
- Milestone 1 : maquette cliquable validée
- Milestone 2 : version alpha
- Milestone 3 : version utilisable en production
Conditions :
- Si rien n’est livré : 100 % du dépôt remboursé.
- Si Milestone 1 est livrée mais arrêt du projet : remboursement de 50 % du dépôt.
- Si Milestone 2 ou 3 atteinte : pas de remboursement (vous avez déjà créé de la valeur exploitable).
Garanties à proposer pour convertir : milestones, refund policy et clauses pros
Une prévente sérieuse, surtout avec dépôt 20–50 %, doit être cadrée. Pas pour “faire joli”, mais pour créer de la confiance business.
1. Milestones clairs
Découpez le projet en étapes mesurables :
- cahier de besoins / ateliers,
- prototype / maquette,
- MVP fonctionnel,
- mise en production.
Chaque étape peut être liée :
- à une part du paiement,
- à des conditions de remboursement plus strictes à mesure que vous avancez.
2. Politique de remboursement explicitée noir sur blanc
Indiquez précisément :
- ce que vous vous engagez à livrer (MVP, fonctionnalités minimales),
- les délais cibles (avec buffer réaliste),
- les cas où le client peut demander un remboursement total,
- les cas où seul un remboursement partiel est possible.
Exemple :
“Si la première version exploitable n’est pas livrée dans un délai de 90 jours après validation du scope, vous pouvez demander un remboursement de 100 % des sommes versées, sauf si le retard est dû à un manque de feedback de votre part.”
3. Clauses pros pour protéger les deux côtés
Vous pouvez également inclure :
- une clause de confidentialité (idée, data, audience),
- la gestion de la propriété intellectuelle (qui possède quoi),
- les modalités de résiliation.
Ces éléments renforcent votre positionnement premium :
vous n’êtes pas “un dev trouvé sur Malt”, vous êtes un partenaire de produit qui structure une relation long terme.
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