Tu vends déjà un produit : est-ce vraiment stable ?
Tu as quelque chose qui se vend. Une offre, un programme, un produit. De temps en temps, ça tombe : un lancement qui marche, quelques jours “magiques” où Stripe s’affole, des DM qui s’enchaînent.
Et tu te dis : “OK, ça y est, j’ai un business.”
Le problème, c’est ce qui se passe entre ces moments-là.
Tu peux avoir un excellent produit, de vrais clients satisfaits… et malgré tout, un revenu totalement imprévisible. Un mois tu respires, le suivant tu calcules ton loyer avec une calculette et un peu de sueur froide.
Ce n’est pas parce que tu vends que c’est stable. Ce n’est même pas parce que tu vends régulièrement que c’est stable.
L’objectif ici n’est pas de te vendre un “modèle miracle”, ni de te faire peur. C’est de t’aider à regarder ton revenu en face : est-ce que tu as un système prévisible, ou juste une succession de bons coups ?
On va décortiquer ce qui crée la volatilité, ce que ça te coûte vraiment, et ce qui change quand tu reprends le contrôle de la structure de tes revenus.
1) Problème (causes, mécanismes)
Tu vends déjà. Donc tu as passé le cap le plus difficile : quelqu’un a sorti sa carte pour ce que tu proposes.
Mais entre “ça se vend” et “c’est stable”, il y a plusieurs fossés invisibles.
1. Tu confonds “moment fort” et “modèle solide”
Un lancement qui marche, un post qui explose, une collab qui te ramène 20 clients d’un coup…
Sur le moment, ça ressemble à une validation définitive : “mon offre est bonne, le marché répond, je suis sur les rails”.
En réalité, tu viens peut-être juste de vivre un pic isolé :
- Un créneau parfait (bon timing, bon sujet, bonne audience).
- Un coup de boost algorithmique exceptionnel.
- Un afflux d’attention concentré sur une période très courte.
Rien de tout ça ne garantit que le mois prochain, la même énergie, la même attention, la même conversion seront au rendez-vous.
2. Tes revenus dépendent de pics… pas de flux
Beaucoup de créateurs ont un modèle caché qui ressemble à ça :
- 1 à 3 gros moments de vente dans l’année (lancements, promos, événements).
- Entre les deux : un “bruit de fond” très faible, voire nul.
- Des ventes qui tombent surtout quand tu fais beaucoup de bruit (live, stories, posts très orientés vente).
Sur le papier, ça peut donner un revenu annuel correct.
Dans la vraie vie, ça donne : un mois à 4 000, deux mois à 600, un mois à 0, puis un gros rush.
Structurellement, tu n’as pas de moteur de revenus régulier.
Tu as un feu d’artifice de temps en temps, mais pas de chauffage central.
3. Tu es prisonnier de la “féodalité des plateformes”
Autre mécanisme sous-estimé : tu ne contrôles pas vraiment l’accès à ton audience.
- Un post qui cartonne ce mois-ci peut faire un flop total le mois suivant, avec le même contenu.
- Tu peux publier tous les jours sans que l’algorithme décide de montrer ton offre au bon moment.
- Tes “abonnés” ne voient pas forcément ta communication de vente quand tu en as besoin.
Tu ne possèdes ni la distribution, ni la régularité. Tu loues de l’attention à des plateformes qui optimisent pour leur intérêt, pas pour ta stabilité.
Résultat : même si ton produit est bon, ta capacité à le vendre est mécaniquement instable.
4. Ton offre est pensée “one-shot”
Beaucoup de produits de créateurs sont construits autour d’un achat unique :
- Un programme qu’on suit une fois.
- Une formation qu’on consomme puis qu’on oublie.
- Un accompagnement ponctuel, sans suite structurée.
Si tu ne penses pas le “après”, ton business est condamné à recommencer à zéro à chaque nouveau client :
nouvelle vente, nouvelle acquisition, nouvelle énergie.
Tu n’as pas de logique de relation dans le temps, seulement des transactions isolées.
C’est confortable au début (“je vends, donc ça marche”), mais ça crée une instabilité profonde.
5. Ton revenu dépend directement de ton niveau d’énergie
Autre signal d’alerte : si tu arrêtes de poster, de lancer ou de faire des stories pendant 10 jours… tout s’arrête.
Ça veut dire que :
- Tu es le seul moteur de la machine.
- Tes ventes suivent ton état mental, ta fatigue, ta motivation.
- Tu n’as pas de système qui tourne quand toi tu lèves le pied.
Ce n’est pas seulement épuisant, c’est structurellement risqué : une baisse de forme, une pause forcée, et ton revenu tombe.
2) Ce que ça te coûte vraiment (risques, effets secondaires)
On pourrait croire que l’instabilité, c’est juste “un peu de stress” et “des montagnes russes”.
En réalité, ça a un coût beaucoup plus profond sur ton business, tes décisions et ta créativité.
1. Tu prends de mauvaises décisions sous pression
Quand tu ne sais pas ce qui va rentrer le mois prochain, tu bascules vite en mode survie :
- Tu acceptes des clients qui ne te conviennent pas, “par sécurité”.
- Tu cèdes sur tes prix ou tes conditions.
- Tu lances quelque chose trop vite, juste pour faire rentrer du cash.
À court terme, ça soulage.
À moyen terme, ça abîme ton positionnement, ta réputation, et parfois ta relation à ton propre travail (“je fais n’importe quoi pour vendre”).
Tu passes d’entrepreneur à pompier : tu éteins des feux au lieu de construire une structure solide.
2. Tu sous-investis dans ce qui pourrait vraiment stabiliser ton revenu
Stabilité rime avec :
- Construire un actif (audience qualifiée, base email, produit durable).
- Mettre en place des systèmes (process de vente, séquences, offres complémentaires).
- Améliorer ton produit sur la durée.
Mais pour ça, il faut du temps, de l’espace mental et parfois un peu de cash.
Quand tu es constamment en train de rattraper le mois en cours, tu n’as pas ce luxe.
Tu repousses toujours ce qui pourrait t’apporter de la prévisibilité, parce que tu es occupé à gérer l’urgence.
Résultat : tu restes coincé dans le même schéma instable, même en travaillant plus.
3. Tu t’épuises émotionnellement
L’instabilité n’est pas qu’un problème financier, c’est un problème nerveux.
- Tu célèbres un gros mois… en ayant déjà peur du suivant.
- Tu n’arrives pas vraiment à te reposer après un lancement, parce que tu sais que la prochaine vague d’angoisse arrive.
- Tu doutes de toi à chaque creux, comme si ton talent ou ton produit avaient disparu.
Cette fatigue invisible a un coût énorme :
- Tu deviens moins créatif.
- Tu prends moins de risques intelligents.
- Tu perds ta capacité à voir loin, tu ne penses plus qu’en semaines.
À la longue, ça peut te pousser à tout arrêter alors que ton potentiel est là… juste mal structuré.
4. Tu rends ton business fragile aux événements extérieurs
Avec un modèle basé sur des pics :
- Un changement d’algorithme peut flinguer ton prochain lancement.
- Une baisse d’engagement temporaire peut te coûter un mois entier de revenu.
- Un imprévu perso (maladie, déménagement, surcharge) peut te faire rater ta “fenêtre” de vente.
Tu n’as pas de coussin. Pas de filet.
La moindre variation externe devient une menace directe sur ta capacité à payer tes charges.
Ce n’est pas seulement inconfortable : c’est dangereux pour la survie de ton activité à moyen terme.
5. Tu surévalues les “bons mois” et tu te mens sur ta vraie moyenne
Un gros mois peut donner une illusion de sécurité :
- Tu regardes ton chiffre cumulé et tu te dis : “En vrai, ça va.”
- Tu oublies que ce montant doit tenir plusieurs mois.
- Tu repousses les décisions sérieuses (“je verrai plus tard pour structurer”).
Mais un bon mois ne compense pas une architecture instable.
Il la masque.
C’est comme avoir un gros contrat ponctuel en freelance : tant que tu ne regardes pas la moyenne réelle sur 6 ou 12 mois, tu peux croire que tout va bien.
3) Ce qui change si tu reprends le contrôle (sans vendre, sans méthode détaillée)
Reprendre le contrôle, ce n’est pas forcément tout casser ou tout réinventer.
C’est surtout changer la manière dont tu regardes ton activité : passer de “je vends parfois” à “je construis un revenu prévisible”.
Concrètement, ça change plusieurs choses.
1. Tu arrêtes de subir les pics, tu les utilises
Les lancements, les promos, les gros moments de visibilité ne disparaissent pas.
Mais ils ne deviennent plus ta seule source d’oxygène.
Tu peux les utiliser pour :
- Accélérer un flux déjà existant.
- Tester de nouvelles offres sans mettre en péril ton mois.
- Créer des réserves au lieu de combler des trous.
Les pics deviennent un bonus, pas un système de survie.
2. Tu regardes ton revenu en “flux” plutôt qu’en “coups”
Au lieu de te demander “Combien j’ai fait ce mois-ci ?”, tu commences à te poser d’autres questions :
- Qu’est-ce qui rentre de manière prévisible, même si je ne lance rien ?
- Combien de clients restent avec moi dans le temps ?
- Qu’est-ce qui continue de tourner quand je ne pousse pas à fond ?
Tu passes d’une logique de coups isolés à une logique de flux continus.
Tu ne cherches plus seulement à vendre, tu cherches à stabiliser.
3. Tu peux enfin planifier (sans te raconter d’histoires)
Avec un minimum de prévisibilité :
- Tu sais à peu près ce qui va rentrer le mois prochain.
- Tu peux décider à l’avance de tes temps forts, au lieu de les improviser sous pression.
- Tu peux te fixer des objectifs réalistes, basés sur des tendances, pas sur des espoirs.
Ça ne veut pas dire que tout devient linéaire ou parfait.
Mais tu sors du mode “roulette russe” pour entrer dans un mode “gestion de risques assumée”.
4. Tu récupères de la marge mentale pour créer mieux
Quand ton revenu n’est plus entièrement dépendant de ton prochain post :
- Tu peux travailler sur des projets plus profonds, qui ne rapportent pas tout de suite mais qui construisent ton actif.
- Tu peux améliorer ton produit, ton expérience client, ta pédagogie.
- Tu peux dire non à ce qui ne te convient pas, sans paniquer.
Tu redeviens créateur au sens plein, pas juste vendeur de dernière minute.
Et paradoxalement, c’est souvent à ce moment-là que ton business devient plus attractif.
5. Tu peux choisir ton architecture de revenus
Reprendre le contrôle, ce n’est pas forcément passer à un abonnement.
Ce n’est pas forcément rester en one-shot non plus.
C’est choisir consciemment :
- Soit d’assumer un modèle basé sur des ventes ponctuelles, mais pensé pour être gérable, prévisible et soutenable.
- Soit d’introduire une forme de récurrence (abonnement, suivi, continuité) qui lisse naturellement tes revenus.
Dans les deux cas, tu sors du flou.
Tu sais sur quoi repose ta stabilité, et où sont tes vrais risques.
À retenir
- Vendre un produit ne garantit pas un revenu stable : un bon mois peut cacher une instabilité structurelle.
- Si ton chiffre dépend surtout de pics (lancements, posts viraux, collabs), tu n’as pas un flux de revenus, tu as des coups ponctuels.
- Cette volatilité te pousse à prendre des décisions sous pression, à t’épuiser et à sous-investir dans ce qui pourrait te stabiliser.
- Reprendre le contrôle, c’est d’abord changer ta grille de lecture : passer de “combien j’ai fait ce mois-ci ?” à “qu’est-ce qui est prévisible dans mon revenu ?”.
- Tu peux ensuite choisir, en conscience, si tu veux structurer des ventes ponctuelles plus stables ou construire un modèle plus récurrent.
Tu as déjà franchi une étape clé : tu as quelque chose qui se vend.
La prochaine question n’est plus “est-ce que ça marche ?”, mais “est-ce que ça tient dans le temps, sans me broyer ?”.
À partir d’ici, tu peux clarifier ton terrain de jeu : est-ce que tu veux consolider un modèle basé sur des ventes ponctuelles, ou explorer une forme de revenu plus récurrent pour lisser tes mois ?
On va maintenant t’aider à choisir la voie qui correspond le mieux à ta manière de créer… et à ta manière de vivre.